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Florence Jacob et ses aventures dans les Pyrénées-Orientales

Florence Jacob, notre journaliste aux lunettes rouges nous conte ses aventures dans les Pyrénées-Orientales !

Le 28 Mai 2021, je me suis levée de bonne heure pour prendre un taxi qui m’a conduit jusqu’à la gare de Lyon. Là, attendaient Christine une très gentille petite dame accompagnatrice et Raphaël, un charmant vacancier. Mais le chauffeur de taxi n’a pas compris ce que je lui expliquais, qu’il fallait regarder dans la pochette orange dans laquelle se trouvait tous les renseignements pour aller jusqu’à l’endroit où attendait tout le groupe. Mais après avoir téléphoné à Laurence l’éducatrice, il m’a conduit jusqu’à cet endroit.

            Lorsque nous nous sommes installés dans le train, nous avons fait connaissance. Puis Christine m’a donné mon pique-nique, pendant que Raphaël mangeait tout seul. Ensuite on s’est reposés en regardant le paysage qui défilait devant nos yeux. Mon voisin écoutait sa musique avec son casque et ma voisine lisait les infos sur son portable. Et moi, j’admirais encore ce beau paysage dans le silence qui me faisait beaucoup de bien. A la gare de Brive, Carole, l’autre accompagnatrice, est montée dans le train, dans le wagon juste à côté du notre. Puis à la gare suivante, elle est venue dans notre wagon. Nous avons beaucoup parlé. Carole connaissait déjà Raphaël car elle l’avait déjà accompagné sur un autre séjour. Christine a regardé dans mon sac à dos pour vérifier si je n’avais pas des médicaments à prendre à midi. Elle remarqua mon recueil de poèmes que j’avais emporté. Elle me félicita, ainsi que Carole.

A la gare de Perpignan, Nicolas, le responsable du séjour nous attendait avec Charlotte et Cyrille les deux derniers vacanciers du groupe. Après les présentations, nous nous sommes installés dans le bus. Nicolas calculait avec attention comment mettre tous les fauteuils et les bagages.

            "Meuh !" crie une voix mystérieuse.

            Je tournais ma tête dans tous les sens. Mais je ne vis rien qui ressemblait à ce bruit. C’est peut-être la vieillesse qui me joue un tour.  Pendant le parcours qui nous menait à notre lieu de vacances, j’ai vomi ma danette au caramel sur mon voisin. J`étais très embêtée. Je me suis excusée auprès de lui. Carole m’a mise une cuvette rouge sur mes genoux jusqu’à la fin du trajet. Je pense qu’avec la chaleur je n’ai pas bien digéré mon dessert. Lorsque nous sommes arrivés dans notre maison qui donnait sur les montagnes, la responsable du gîte nous attendait. Il y avait quatre pavillons avec terrasse devant, une grande cuisine dans laquelle nous prenons nos repas, un petit coin salon avec une télévision et quatre chambres à deux lits. Il y avait aussi quatre salles de bain. Tout près, se trouvait la piscine pour les vacanciers.

            Après le repas du soir, nous étions fatigués par le voyage. J’étais la seule à partager ma chambre avec mon accompagnatrice. J’avais un lit médical et une chaise pot, j’étais contente. Les deux accompagnatrices m’avaient couché sans problème, après avoir expliqué comment je dormais, avec quelques difficultés parce j’avais oublié d’écrire dans mon cahier de communication. J’ai dû insister pour que Carole me mette sur le ventre. Puis j’ai dormi comme une souche. Enfin presque ! Parce que Carole dormait dans la même chambre. Comme elle avait un sommeil léger, elle ne supportait pas mon ronflement qui ressemblait au bruit d’un moteur de tracteur. Carole soufflait à chaque fois que je commençais à ronfler.

            Le samedi matin, nous nous sommes levés à sept heures pour aller à notre premier cours de théâtre à neuf heures et demie. Il y avait aussi une grande salle à côté de la cuisine qui nous servait pour faire le théâtre. C’était pour moi la première fois que j’assistais à un cours. Magali notre professeur était très sympathique. Elle était accompagnée par Mélanie, une stagiaire qui travaillait avec les enfants et qui voulait leur apprendre le théâtre.

Tout d’abord, nous avons fait de la relaxation de notre corps. Puis le professeur nous a proposé de faire des petits jeux pour mieux se connaître. Comme je ne peux pas bien parler, j’ai fait beaucoup de mime. Cela m’amusait vraiment. Mes camarades étaient obligés de dire des phrases très difficiles à dire. Je les aidais comme je le pouvais. Nous avons beaucoup ri. Et les professeurs aussi. Au fur et à mesure que nous assistions aux cours, nous avons appris à nous connaître. Même les accompagnatrices qui suivaient les cours avec nous.

            "Meuh !" crie une voix mystérieuse.

            Je commençais à m’inquiéter sur mon état mental. J’entendais le cri d`une vache mais il n’y avait pas de vaches près de moi. C’est peut-être la fatigue, pensais-je en souriant ?

La ville où nous étions installés est une ville triste et sans âmes. Mais la particularité de cette ville est que Jean Castex le premier ministre est le maire. C’est très amusant ? Mais pas pour les habitants de cette ville parce ce gentil Monsieur a coupé toutes les finances des projets culturels de la ville. C’est notre professeur de théâtre qui nous a raconté cela durant la pause. Elle habite dans cette ville et a fondé sa compagnie de théâtre avec sa sœur. De nos jours, il est très difficile d`avoir une compagnie de théâtre. C’était très intéressant ce qu’elle nous expliquait. En plus, pendant le confinement, c’était désastreux. Il était très difficile de vivre.

            La deuxième nuit, je dormis bien jusqu’au milieu de la nuit parce la chère Carole m’avait encore réveillée. J`en avais assez, alors j’ai râlé. Oui, j’ai osé ! Parce que je trouvais qu`elle n’avait pas le droit de me réveiller de la sorte. J’ai tourné ma tête et j’ai ronflé de plus belle. Le lendemain matin, elle m’a emmenée voir le responsable croyant qu’il allait me disputer. Mais Non ! Il a beaucoup ri en lui conseillant de changer de chambre et de me laisser enfin dormir. J’en étais très contente.

          "Meuh !" crie une voix mystérieuse.

Mais voilà cette vache invisible qui crie. Je regardais encore partout. Aucune vache à l`horizon. Rien qui pouvait ressembler à une vache.

Nous avons dîné devant le mont Canigou. Le plus haut sommet de la région. Durant la journée, il faisait très chaud mais le soir, je réclamais mon gilet afin de pouvoir rester encore dehors pour admirer ce beau paysage.

             Cet après-midi-là, nous avons visité Perpignan. C’est une grande ville pleine de vie. Tout d’abord, nous avons vu la vieille gare dont Salvador Dali était amoureux. Il trouvait que c’était le centre du monde. Puis nous avions rendez-vous avec une guide pour voir le musée d’hyacinthe Rigau, la peintre qui faisait tous les portraits de la famille royale. Mais les tableaux étaient à Versailles. Alors, nous avons pu voir qu’une seule toile. Celle de Marie-Antoinette toute belle. Habillée avec une sublime robe en soie. Il y avait aussi des tableaux religieux. C’était intéressant mais nous voulions voir ce qu’il y avait sur l’affiche. Quand la visite fut finie, la guide nous a invités à participer au groupe de peinture. Je n`étais pas chaude pour y aller, mais j’ai suivi le groupe. A la suite de cela, nous sommes partit boire un verre sur une terrasse.

            La troisième nuit, Carole a décidé d’aller dormir dans la chambre de Christine sa collègue. J’étais ravie. Je pouvais dormir tranquillement comme je voulais. Le lendemain matin, Carole me faisait encore la tête parce qu’elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Christine ronfle et parle la nuit. Tout le groupe a beaucoup ri. Alors Carole voulait revenir dans ma chambre. Mais j’ai refusé. Puis elle a demandé à chacun si elle pouvait partager leur chambre mais tout le monde a refusé.

            Tous les matins, j’admirais la montagne Canigou en prenant mon petit déjeuner. Il y avait aussi quelques chants des oiseaux et le soleil qui brillait. J’étais bien. Je ne pensais à rien qu’à respirer le bon air pur. Je me laissais aller dans mes pensées.

"Meuh !" crie une voix mystérieuse.

Ce n’était plus possible. Je voulais savoir qui faisait ce cri de vache ? Je regardais encore une fois autour de moi. Il n’y avait rien de suspect. Tout était normal. A cette heure, tout le monde était encore en train de de se préparer pour être à l’heure au cours de théâtre. Nous étions mercredi et la professeure de théâtre nous avait demandé de raconter une aventure qui nous était arrivée durant notre vie. Je trouvais que c’était dur. Mais je réfléchissais à comment j’allais faire parce que je n’avais pas mon ordinateur occulaire pour raconter mon aventure. Alors j’ai demandé à Carole de me donner mon recueil de poèmes. Elle était toute étonnée de voir que je pouvais écrire avec mes yeux, et aussi la profondeur. J’avais choisi un poème qui parlait de la Bretagne où plutôt un petit village breton dans lequel je me rendais pendant mon enfance, pour passer mes vacances chez ma grand-mère. J’avais envie que l’on lise ce poème. Alors Magali notre professeur a choisi Carole pour le lire.

Mais avant, Charlotte nous a raconté son accident. Quand elle était petite, une voiture l’a renversé sur une route. Alors elle est devenue handicapée. Charlotte a un petit handicap mais elle ne peut pas travailler comme n’importe qui. Tout le monde était choqué et bouleversé. Je me suis demandé pourquoi elle nous avait raconté cette histoire. Son histoire a elle. Magali ne savait pas quoi dire et quoi faire. Mais au bout d’un moment, elle a demandé à Carole de lire mon Poème. C’était très bien lu. Puis ce fut au tour de Cyrille un vacancier qui a eu une histoire avec un dauphin. C’était une drôle d’histoire. Raphaël nous a raconté son tremblement de terre qu’il avait eu au Chili avec son père. Ce garçon qui ne pouvait pas bien parler, a mimé toute son histoire. C’était émouvant.

L’après-midi, nous avons visité les caves de Byrrh qui se situent dans la petite ville de Thuir près de Perpignan. C’est dans d’immenses hangars que l’usine a été construite. La guide nous a expliqué comment ce délicieux apéritif a été fabriqué.

Au départ, c’était un médicament pour les enfants utilisé comme fortifiant. A notre époque, c’est très étonnant car on ne donne pas d’alcool aux enfants. Nous nous sommes promenés dans les hangars entourés des gros tonneaux. On sentait les odeurs de Byrrh qui commençait à porter sur le cœur. Je n’avais pas encore bu de la journée mais je sentais que ma tête tournait à cause des odeurs d’alcool. La guide nous a fait admirer le plus grand tonneau d’Europe. Il était tout en fer. Ils leurs a fallu démolir le hangar pour construire cet immense tonneau. Tout près de là, sur un grand écran, nous avons pu voir comment ils avaient fabriqués leur usine.

Pour terminer cette intéressante visite, nous avons été invités à goûter un verre de délicieux apéritif. Je ne sais pas pourquoi mais j’étais la première à arriver au comptoir…?

Le jeudi, dernier jour de cours de théâtre. Après avoir enlevé tous nos ennuis et les mauvaises pensées de notre corps, Magali nous a donné champs libres sur l’improvisation. Avec Fannie j’ai choisi des accessoires pour faire un sketch. Elle m’a choisi un grand chapeau, un boa rose et un bouquet de fleurs en plastique. J’étais la petite dame aux fleurs. Et nous avons improvisé un petit sketch que l’on a joué devant tout le monde. Tout le monde a joué son sketch. C`était très drôle.

L`après-midi, nous avons terminé la visite de Perpignan. On a pu admirer les vieux immeubles des années trente. En nous promenant, on en a profité pour prendre un verre à une terrasse. Il y avait beaucoup de monde. On était tellement bien que nous avons pris notre temps.

Le soir, la dernière soirée ensemble, Nicolas nous a offert l`apéritif. Sur notre terrasse de notre villa, nous avons beaucoup ri.

Meu ! crie une voix mystérieuse.

Encore ce bruit, pensais-je ? Il me semblait qu’il n’était pas loin de moi ? Nicolas avait pris son portable sur la table. C’est là que j’ai compris d’où venait ce bruit mystérieux qui m’énervait. A Chaque fois que Nicolas recevait un message, son téléphone faisait MEU ! comme une vache. Et même la nuit. Si j’avais eu un portable pareil, je l’aurai mis dans la première poubelle. Le pauvre, il est esclave de son portable. 

Nous avons parlé et ri très tard. Les garçons étaient les premiers à se coucher. Charlotte parlait avec Carole. Christine, Nicolas et moi, avons fini le vin rosé. Il ne fallait pas le laisser pour les nouveaux vacanciers. A onze heures, tout le monde est parti dans son lit car le lendemain était une journée très fatigante. 

Le lendemain matin, nous nous sommes levés à huit heures parce que notre train était à treize heures. Cela nous a laissé le temps de faire nos bagages et ranger la maison.  Nicolas a calculé comment mettre tous les bagages et les passagers car à notre arrivée, Cyrille et Charlotte étaient arrivés avant nous. Mais au retour, Cyrille venait avec nous. Tandis que Charlotte partait avec Nicolas à Lyon en bus rejoindre des amis. A la nouvelle gare de Perpignan, nous avons attendu deux heures avant de prendre notre train. Pendant ce temps, Christine finissait d’écrire dans mon cahier les dernières visites que l’on avait faites. Les garçons cherchaient de quoi manger parce qu’ils n’aimaient pas les sandwichs du traiteur qui nous avaient été servi tous les jours durant notre séjour. Et Carole cherchait en vain les toilettes. Après avoir mangé, nous sommes allés voir les personnes qui nous conduirait jusqu’au train. Mais nous avons constatés qu’il n’y avait personne. Alors Carole est allée voir la responsable. Mais elle n’était pas sympathique. Il faut dire qu’elle nous regardait comme si nous étions des animaux. Mais le train était arrivé en gare. Il fallait se dépêcher de monter. Mais il n’y avait personne. C’est bizarre ! D`habitude, il y a toujours le personnel de la gare qui nous aident à nous installer dans le train. Comme j’étais la première, cette petite dame m’a prise pour me monter dans le train. Mais il fallait prendre deux ascenseurs pour rejoindre le quai où se trouvait le train. Je commençais à être inquiète car je ne voyais plus mes amis qui devaient suivre cette dame. Au bout d’un couloir, il y avait des messieurs qui attendaient. Je me suis demandé pourquoi étaient-ils là ?

La dame a expliqué qu’elle avait plusieurs personnes handicapées à installer dans le train. Elle en avait assez ! Tous les billets de train étaient dans le sac de Carole. Et le chef de gare attendait devant le deuxième ascenseur. «Cette dame doit avoir son billet, lui dit-il en me montrant. Oui mon brave, mes amis sont derrière, pensais-je en le regardant. Elle lui expliqua que les autres nous suivaient. Mais il n’y avait encore personnes qui arrivaient. Je commençais à m’inquiéter. Ils ne m’ont quand même pas abandonné avec cette dame qui se plaignait tout le temps ? J’avais très envie de lui proposer de prendre ma place dans mon fauteuil roulant et je prendrai sa place debout. Cela serait dôle ? Je regardais toujours au fond du fameux couloir qui me parut très long. Et le chef de gare qui voulait toujours mon billet de train ! Nous sommes arrivées devant le second ascenseur qui s’était bloqué lorsque nous sommes montées. La dame appuyait plusieurs fois sur le bouton pour monter jusqu’au train. La porte de l’ascenseur refusait de se refermer. Alors la dame sortit et alla voir quelqu’un. Tout à coup, une pensée me terrifia, si la porte se referme et l’ascenseur se bloque ? Je commençais à m’affoler. Et heureusement la dame est revenue juste avant que la porte se referme.

Sur le quai, le train était encore vide. Il fallait aller jusqu’au bout pour monter dans le wagon de première. Et la dame râlait toujours de plus belle. Elle avait oublié comment on faisait pour monter un fauteuil roulant dans un train. Lorsqu’elle m’a mise dans le wagon, elle m’expliqua que les autres allaient me rejoindre. Puis elle partit très vite. Il fallut longtemps avant que les autres ne viennent. Quand tout le monde était dans le wagon, Cyrille me raconta que Christine notre accompagnatrice était bloquée dans l’ascenseur. Il ne faisait que monter et descendre. Elle avait peur mais heureusement ça n’a pas duré trop longtemps. Après avoir bien ri, nous avons mangé note dessert.

 Le voyage a été long parce qu’il y a eu un problème sur la voie. Carole s’inquiétait car elle craignait de louper son deuxième train tout comme Christine et Cyrille qui poursuivait leur route vers la Bretagne. Mais notre train roulait aux pas jusqu’à Paris. Les contrôleurs essayaient de calmer les voyageurs.

Après trois heures de retard, nous sommes arrivés à la gare de Lyon. J’étais très contente de voir mon taxi qui m’attendait au bout du quai. Avant de partir, nous nous sommes fait nos adieux et chacun a repris sa route.

J’ai beaucoup aimé ce séjour qui m’a permis de faire des connaissances mais également de découvrir l’amour du théâtre. Je me suis surprise à faire des choses que je ne fais jamais d'habitude. Je remercie les accompagnateurs d’avoir permis de faire ce beau séjour.

 

Florence Jacob, la journaliste aux lunettes rouges.

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